DIMANCHE 19 JANVIER 2020 – CYCLE « AFRIQUE »(1:3): BAMAKO, DE ABDERRAHMANE SISSAKO ( 2006 – 1H58)


Synopsis : Melé est chanteuse dans un bar, son mari Chaka est sans travail, leur couple se déchire…Dans la cour de la maison qu’ils partagent avec d’autres familles, un tribunal a été installé.
Des représentants de la société civile africaine ont engagé une procédure judiciaire contre la Banque mondiale et le FMI qu’ils jugent responsables du drame qui secoue l’Afrique.
Entre plaidoiries et témoignages, la vie continue dans la cour.
Chaka semble indifférent à cette volonté inédite de l’Afrique de réclamer ses droits..

Abderrahmane Sissako : né en Mauritanie il a passé son enfance au Mali. Il tenait avant tout à tourner un film dans la maison de son père à Bamako dans le quartier populaire d’Hamdallaye. C’est dans cette petite maison abritant toute sa famille qu’il tenait de longues discussions avec son père sur l’Afrique.

Le cinéma africain nouveau est arrivé! Et c’est un cinéma qui tourne le dos au folklore sans abandonner ses responsabilités. Abderrhamane Sissako, s’il suit les traces de ses prédécesseurs, comme Sembène Ousmane ou Souleymane Cissé, place délibérément les enjeux de son cinéma dans le monde (global) d’aujourd’hui. Il n’abandonne pourtant pas sa caméra poétique qui sait suivre les visages et les corps. Mais il a compris qu’il n’est plus temps de se cacher derrière les allégories traditionnelles.

L’Afrique est en danger et il le (dé)montre, crûment, sans fioritures. Mais avec les effets de manche des avocats, l’analyse du traitement qui est fait au continent noir est lumineuse, La duplicité du monde occidental est pointée du doigt, avec fermeté, mais aussi, et surtout, avec humour. Cette lumière se retrouve dans les plans choisis pour repérer la vie qui vaque, qui pleure, à première vue indifférente à cette cour de justice qui envahit la concession.
A première vue seulement, car les regards ne trompent pas, les oreilles écoutent, même si les mains continuent leurs tâches quotidiennes. C’est tout le génie du réalisateur d’avoir su lier des éléments si contradictoires, d’avoir su saisir la vie dont il est question, en termes juridiques, tout au long des plaidoiries. Du coup, tout devient clair et les enjeux auxquels fait face l’Afrique nous sont évidents. Un vrai cinéma engagé.
Propos de  Martial Knaebel

Détails:

  •  Réalisateur : Abderrahmane  Sissako
  •  Genre : Drame
  •  Nationalité : Français, Malien
  •  Date de sortie : 2006
  • Durée : 1h58min

Dimanche 19 janvier  à 17h00

Grand Amphi de Strate Ecole de Design

(Voir onglet infos pratiques)

Le film sera suivi d’un débat en présence de Mme Claude Fischer Herzog, directrice des Entretiens Eurafricains, présidente d’Eurafriclap qui a créé le festival  » Une semaine Eurafricaine au cinéma » ainsi que de Mr Tiefing Sissoko, enseignant – chercheur en sciences de l’éducation à l’université LSH de Bamako et l’Université Paris- Est Créteil, président de l’APUMAF ( association de la diaspora professionnelle, universitaire et scientifique malienne de France, et de la fondation  » les petits stylos »…

Nous vous attendons nombreux!   A NE  PAS MANQUER!

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